Coliving : l’essor d’un nouveau concept d’habitat partagé


Le coliving est un mode dhabitat partagé qui mêle la colocation, le coworking et lhôtellerie. Apparu aux États-Unis dans les années 2000, il est en plein essor en France depuis 2018. En quoi consiste exactement le coliving ? Qui est concerné ? Est-il judicieux dinvestir dans un projet de coliving ? Focus sur une tendance immobilière qui séduit de plus en plus de citadins.

 

Qu’est-ce que le coliving ?

 
Le coliving est une forme de colocation, inspirée du coworking et reposant sur un modèle hôtelier. Les locataires payent un forfait incluant généralement l’électricité, les charges, le ménage, l’accès à Internet et l’assurance habitation, durant une période le plus souvent comprise entre un mois et un an.
 
Lorsque l’on vit en coliving, on partage donc à la fois des espaces de vie, des espaces de travail et des services. Les espaces privatifs sont souvent des chambres ou studios avec kitchenette et salle de bain, permettant d’être totalement autonome, et les locataires se partagent le salon, la bibliothèque, l’espace dédié au coworking et aux réunions, la terrasse ou encore la salle de sport.


À ceci s’ajoutent des services comme le ménage, le changement et le nettoyage de linge de maison, les cours de sport, la livraison de repas, la mise à disposition de trottinettes ou de vélos, mais aussi des abonnements de type Netflix ou OCS et certains services de conciergerie comme la réception de colis ou le pressing.
 
Lorsque l’on choisit le coliving, la vie en communauté n’est pas une option mais une condition, et tout est pensé dans les moindres détails pour l’encourager. Les espaces partagés représentent en moyenne 50 % de la surface totale de ces lieux de vie.

 

À qui s’adresse le coliving ?

 
Le coliving cible majoritairement les jeunes actifs urbains, dans la tranche 25-35 ans, fraîchement diplômés, n’ayant pas le budget suffisant pour payer le loyer d’un appartement au cœur d’une grande ville. Ils disposent ainsi d’un logement clé en main, avec des prestations haut de gamme, et d’un mode de vie leur permettant de partager leur vie sociale, personnelle et professionnelle.
 
Le coliving attire également des actifs en mission pour quelques mois, des travailleurs indépendants, des personnes en transition à la suite d’un divorce, des expatriés de retour au pays, des personnes qui attendent que la construction ou la rénovation de leur résidence principale soit achevée, ou encore de jeunes seniors qui voient dans ce mode d’habitat partagé un moyen de briser la solitude.
 

Quels sont les atouts du coliving ?

 
Pour peu que l’on soit adepte de ce partage des moments de vie et des espaces, tant sur le plan personnel que professionnel, le coliving est une véritable opportunité. Ce n’est pas nécessairement la façon la plus économique de se loger dans une grande ville, la colocation traditionnelle étant plus accessible, mais c’est en revanche la solution idéale pour bénéficier de grands espaces partagés et de services dignes des résidences de luxe.
 
À Paris, il faut compter entre 800 et 900 euros par mois pour un studio au sein d’un espace de coliving. Ce forfait inclut le loyer, mais aussi les charges, la taxe d’habitation et différents services comme le ménage et la livraison occasionnelle de repas. À ce tarif, impossible de trouver dans la capitale des biens offrant de grands espaces de vie, souvent une terrasse voire un jardin, une salle de réunion ou encore une salle de sport. Le tarif mensuel pour une place en coworking à Paris est en moyenne de 300 euros. S’il faut y ajouter un loyer, même une chambre de 9 m2 sous les toits devient difficilement accessible.
 

Comment investir dans le coliving ?

 
La demande en matière de coliving est actuellement largement supérieure à l’offre, de l’ordre de dix demandes pour une place en moyenne. En investissant dans le coliving, il n’y a donc aucun risque de vacance locative : le turn-over est certes important, mais la demande est si forte que les logements ne restent jamais vides. Le marché est donc porteur et en pleine expansion. De plus, si les projets se multiplient à Paris, l’offre est encore peu développée dans plusieurs grandes villes de province.


Le taux de rendement est également attractif, de 4 à 8 voire 10 % (4 à 5 % brut en Île-de-France) et les risques d’impayés sont moins lourds de conséquences, car pour un seul et même espace de coliving, il y a autant de baux signés que de locataires.
 
Toutefois, si l’investissement est tentant, il n’est pas à la portée de tous les budgets. Il est en effet impossible d’acheter un seul espace de coliving : les résidences sont vendues en bloc, pour un montant minimal d’environ un million d’euros.
 
Cela dit, certains projets commencent à voir le jour grâce au crowdfunding et sont financés par des particuliers, du moins partiellement. Certaines sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) commencent également à s’intéresser au coliving, ce qui permet de réduire considérablement le budget nécessaire et de le ramener à quelques milliers d’euros. Le régime fiscal, celui de loueur meublé non professionnel (LMNP), est également attractif : il permet de déduire les charges annuelles et l’amortissement immobilier, et de déclarer ses revenus dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
 
On compte actuellement environ 30 acteurs sur le marché du coliving en France, positionnés soit sur de grands ensembles, soit sur des projets plus modestes. Ce secteur immobilier est amené à se développer encore davantage dans les années à venir, et beaucoup y voient un phénomène digne du succès qu’a connu le coworking.